Rourou-ou le pigeon voyageur volait à fier allure. A bonne altitude, il cherchait, scrutait dans tous les coins,
il écoutait, tendait l'oreille dans tous les sens. Rien, rien, rien, Rourou-ou n'osait rentrer sans sa mission
achevée. Hihihi serait désoeuvrée, peut-être même qu'elle le mangerait.
Non, non, non, Rourou-ou devait réussir.
C'est en cherchant un peu d'eau qu'il tomba sur la nymphette. Accrochée là depuis des jours, elle n'était
pas très propre. Elle était cernée, avait les cheveux plats, paraissait affamée et ne bronchait pas.
Le pigeon pathétique picora deux trois herbes, les glissa dans la bouche imberbe jusqu'à ce que, toute perdue,
la petite cochonne s'ébroue d'un geste superbe.
Heureux comme une crevette, Rourou-ou crut enfin tenir là l'héroique messie de notre bonnasse. Il lui tend sa
lettre, elle frétille, souffle à perdre haleine et se remaquille.
Le potorou caché là, ne perdait miette de ce qu'il devinait être : des retrouvailles. Chargé par
son phacochère tridenté de retrouver les perturbateurs de son bain blanc, il suivit les compères
jusqu'à la lie, enfin au moins jusqu'à la tour.
Mais la nymphette était-elle de taille à farcir un potorou ?